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Pour les fêtes, privilégiez les huîtres naturelles

Date: 
21/12/2018

Aujourd'hui 15% de la production française d'huîtres provient de l'étang de Thau. Si cette variété charnue et fondante est dite "de Bouzigues", on l'élève dans tous les villages ostréicoles du pourtour de l'étang, comme Mèze, Loupian ou Marseillan. 

Les spécificités des huîtres de l’étang de Thau



Pour remplacer les marées, les conchyliculteurs du bassin de Thau utilisent un système d’élevage sur tables, sur lesquelles ils tendent des cordes. En moyenne, un conchyliculteur met une semaine pour « coller » une table (150 000 huîtres, réparties sur un millier de cordes). Un travail fastidieux, qui peine à attirer de nouveaux ouvriers. « Cela n’est pas tant physique que mental, précise Jean Cabirol, conchyliculteur au Mas Cetare, à Loupian. Tout se joue dans les yeux : quand je pose un couple d’huîtres sur la planche, mon regard est déjà sur le coup d’après ! C’est une question d’organisation, et d’état d’esprit. »

Un métier bouleversé par les changements climatiques



Jean Cabirol est originaire de la Ville de Sète. Du haut de ses 28 ans, il a vu la qualité de l’étang se détériorer :

​« Quand j’étais petit, les daurades sortaient fin août, après la Saint Louis. Les pêcheurs attendaient la tramontane, qui rafraîchissait l’eau. Aujourd’hui, l’eau reste tiède bien trop longtemps. Les bactéries aérobies et les algues s’accumulent. L’eau devient visqueuse et les coquillages se meurent ! »

Une profession en pleine mutation

Face à ce constat, de nombreux conchyliculteurs comme Jean Cabirol alertent sur l’importance d’abandonner la production d’huîtres triploides et de revenir aux huîtres naturelles, plus respectueuse des saisonnalités.

« Comme de nombreux agriculteurs ou pêcheurs, nous ne pouvons qu’alerter sur l’état de notre planète, la mauvaise qualité de l’air, de l’eau… Tous ensemble, nous nous devons de respecter le milieu marin et de laisser l’étang se régénérer. L'huître triploïde est modifiée de façon à être toujours semblable, en été comme en hiver. Cela n’est pas naturel. Le milieu s’épuise. »​

Une prise de conscience écologique qui pourrait être saluée par l’Institut National de l’origine et de la qualité (INAO), chargé d’accorder une IGP (Indication Géographique Protégée) à l’huître de Thau d’ici 2019…