Retenues hivernales : Foire aux questions

La sècheresse dans l'Hérault

Quelle sécheresse dans l’Hérault ? Quelles conséquences et quelles projections ?

Le département de l’Hérault est actuellement très impacté par des périodes de sécheresse estivales récurrentes qui ont de graves répercussions sur les productions agricoles. [Exemple à Montpellier : 190 mm de pluie recensés à mi-septembre 2023, contre 400 mm en année moyenne].

Pour mesurer l’impact de la sécheresse, le Département peut se référer à un outil national : le nouveau portail « DRIAS les futurs du climat », hébergé par le Ministère de la transition écologique.

Ce portail met à disposition des projections climatiques de référence sur la France entière. Ces nouveaux indicateurs régionalisés sont réalisés dans les laboratoires français de modélisation du climat (IPSL, CERFACS, CNMR) avec le soutien de Météo-France.

Ces projections sont multiples, avec plusieurs-scénarios-indicateurs-modèles, sur des fréquences annuelles ou saisonnières et pour 1 période référence (1976-2005) et 3 périodes traitées (2021-2050, 2041-2070, 2071-2100). Les 2 indicateurs climatiques représentatifs analysés sont :

> L’écart de la température moyenne,

> Et l’écart relatif des précipitations, sur 30 ans, par rapport à la période référence.

Grâce à cet outil, le Département peut projeter des scénarios climatiques à venir sur le territoire :

Les projections pessimistes, sous le scénario RCP8.5, c’est à dire « sans politique climatique », donnent comme résultats principaux :

>Peu de variation voire de très légères tendances à la hausse du cumul des précipitations sur la période hivernale, pour chacun des 3 horizons 2050, 2070 et 2100.

>Une forte hausse du nombre de journées chaudes par an (>25°C), pour les 3 horizons 2050, 2070 et 2100.

Les conséquences de ces scénarios modélisés confirment :

>Une augmentation du phénomène « évapotranspiration » des cultures

>Et en particulier pour la vigne : une maturité des raisins plus précoce, ou interrompue, en cas de très forte chaleur (>36°C).

Ce surcroit d’évapotranspiration justifie les recherches sur les solutions d’irrigation pour compenser en été la sécheresse des sols. La création de retenues pour le stockage de l’eau en hiver apparaît comme une des solutions pour permettre une irrigation raisonnée en été, notamment pour des sols qui ne disposeraient pas de réserves en eau suffisantes (à condition que ce stockage de l’eau soit constitué en hiver, avec notamment un taux de matière organique et des infrastructures agroécologiques suffisantes).

Pour en savoir +

Observatoire du climat

Drias climat

 

Pourquoi le Département s’occupe-t-il de cette question ?

Collèges, séniors, handicap, routes, tourisme, agriculture, numérique … Depuis plus de 200 ans, le Conseil départemental est une collectivité qui n’a cessé d’évoluer tout en restant l’institution de proximité.

Face aux urgences de l’époque, plus pressantes que jamais, le Département de l’Hérault a fait le choix d’orienter l’ensemble de ses politiques publiques vers des objectifs clairs : 13 engagements pour un Hérault Solidaire et Ecologique. Avec ce programme, il s’engage à répondre avec réalisme aux besoins de tous les territoires, urbains et ruraux, d’ici 2028.

Zoom sur 3 de ces engagements :

  • Une alimentation plus saine : par exemple le Département s’engage à ce que 100% des collégiens aient des produits bios et labellisés dans les cantines gérées par le Département d’ici 2028.
  • Une terre à préserver : avec son droit de préemption, le Département acquiert des espaces naturels sensibles sur tout le territoire. Il y protège la biodiversité et les valorise pour les ouvrir aux Héraultais.
  • Des solutions pour de nouvelles pratiques de cultures : face au réchauffement climatique, le Département aide les agriculteurs héraultais à s’adapter.

Pour en savoir + sur les 13 engagements

Le Département est également présent sur tout le cycle de l’eau, de la goutte de pluie jusqu’à la mer. Face au changement climatique, il est à l’avant-garde pour préserver la ressource, en apprenant à la connaitre dès aujourd’hui pour mieux maitriser les risques et prévenir les pénuries.

L’Hérault est le seul département de France à avoir créé un service d’hydrogéologie.

Son rôle : étudier les eaux souterraines pour caractériser la ressource en quantité et en qualité, pour évaluer sa vulnérabilité et pour mettre en place la protection adaptée (zone de sauvegarde, périmètres de protection).

En 2018, le Département a impulsé le plan « Hérault Irrigation », un plan d’actions d’envergure engagé jusqu’à 2030, qui mise sur :

  • la mise en place d’une large palette d’actions de sobriété vers une agriculture résiliente (Plus d’informations dans la question suivante).

  • le développement d’une irrigation concertée et raisonnée

Il accompagne des communes dans la gestion de leurs ressources en eau et de leurs installations d’eau potable :

  • Via Hérault Ingénierie, il les accompagne dans la connaissance et la maitrise de leurs ressources et pour la recherche de nouveaux points de captage. Il assure une assistance pour la réalisation des travaux.
  • Pendant les périodes de sécheresse, il approvisionne les communes en rupture d’eau potable.

Il protège les zones humides.

  • Le Département préserve les zones humides dans le cadre de son engagement Espaces naturels sensibles (ENS), les renature si elles ont été artificialisées.

Il contribue à l’équilibre des territoires dans la gouvernance de l’eau à l’échelle des bassins versants.

  • Il est à l’origine de la création de la majorité des syndicats de gestion de l’eau par bassin versant, devenus les Établissements publics territoriaux de bassins* (EPTB), sur son territoire.
  • Le Département et l’Agence de l’eau sont des partenaires historiques dans le domaine de l’eau sur le territoire héraultais depuis plus de 30 ans.

Il entretient et surveille un important patrimoine hydraulique (barrages, seuils en rivière, ouvrages maritimes)

  • Le Département est propriétaire d’un important patrimoine hydraulique, notamment de 2 barrages : le barrage du Salagou et le barrage des Olivettes.
  • Ces ouvrages fournissent de nombreux avantages aux Héraultais au travers de l’irrigation, la protection contre les crues ou encore les loisirs.
  • Les barrages contribuent également à l’amélioration des milieux aquatiques par le soutien des débits des fleuves et la régulation de la salinité de certains étangs.

Il protège les rivières

  • le Département réalise le suivi de la qualité des eaux superficielles à l’échelle de l’ensemble des bassins versants.
  • Il réalise des aménagements pour protéger la biodiversité, comme récemment une passerelle franchissant le Lez pour préserver une espèce menacée : le chabot du Lez.

Il met en place des expérimentations d’envergure sur les économies d’eau.

Grâce à ces actions il a remporté le Trophée des économies d’eau, décerné par la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) en 2022.

 (*) Les EPTB interviennent dans l’aménagement et la gestion des fleuves et des grandes rivières dans le cadre d’un bassin ou d’un sous-bassin hydrographique. Ils ont le statut de syndicats mixtes ou d’institutions interdépartementales.

 

Quelles sont les actions déjà mises en place pour aider l’agriculture à s’adapter ?

Le Département conduit une politique volontariste en faveur de l’Eau & de l’Agriculture. Il mène à ce titre une large palette d’actions de sobriété et de lutte contre les pénuries d’eau dans le cadre de son plan Hérault Irrigation :

  • Recherche de fuite, rénovation et modernisation des réseaux => 16 réseaux rénovés depuis 2018, ce qui a permis d’économiser 7 millions de m3/an ;
  • Sécurisation et optimisation des barrages et des ouvrages hydrauliques dont il assume la maîtrise d’ouvrage => mise en œuvre des études et investissements nécessaires, par exemple sur les barrages du Salagou et des Olivettes.
  • Accompagnement des pratiques économes / respectueuses de la ressource en eau par les exploitants, changement des pratiques :
    > Travail des sols visant à capter un maximum d’eau de pluie et à les revitaliser (enherbement, matière organique…) : le Département souhaite mettre en place (selon ses capacités budgétaires) un dispositif de soutien visant d’une part à augmenter les capacités de rétention en eau du sol via l’apport de matière organique, et d’autre part à faciliter la pénétration de l’eau dans le sol via l’enherbement. Ce type de pratiques, très favorable à la biodiversité, serait sécurisé et optimisé grâce à l’apport d’eau permis par les retenues. Une bonne centaine d’exploitants pourraient bénéficier du soutien du Département dès sa mise en œuvre.
    En savoir + expérimentation au Domaine de Restinclières


    >Cépages résistants à la sécheresse
    => Le Département accompagne la Fédération des IGP pour l’introduction de cépages résistants à la sécheresse dans le vignoble de demain. L’expérimentation et la recherche sur des cépages et porte-greffes résistants à la sècheresse est menée au sein de 3 domaines départementaux : Trois Fontaines, Restinclières et Marsillargues. Il s’agit d’identifier/quantifier les méthodes de culture (taille par exemple), de vinification et d’analyser les vins issus de ces cépages (qualités organoleptiques, durées de conservation…). Cet effort de recensement a pour but de récolter des éléments concrets directement utilisables par les vignerons souhaitant planter ces nouveaux cépages.

    > Diminution d’emploi de pesticides (emploi de la « confusion sexuelle* ») => afin de limiter les pollutions diffuses des eaux de ruissellement (sauvegarde des eaux potables).

Projet pilote régional de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) => Le Département et la Région ont initié avec l’INRAE une première évaluation technique (restant à confirmer) pour utiliser les eaux usées traitées issues de station d’épuration via des bassins de stockage.

Préservation des terres agricoles irriguées (PAEN) => le Département accompagne les communes périurbaines qui souhaitent protéger leurs terres à forte valeur agronomique (irrigables, sols fertiles, secteur SICO) face à l’urbanisation, en déployant les périmètres agricoles et naturels (PAEN) durablement efficaces contre l’étalement urbain. 
En savoir + Aménagement foncier

Mais toutes ces mesures produiront des effets dans le temps long.

Afin de donner à l’agriculture le temps nécessaire pour s’adapter, et donc survivre à long terme, le Département étudie des solutions complémentaires dont la mise en œuvre pourrait se faire à court ou moyen terme, comme l’irrigation grâce au stockage d’eau examinée dans cette étude.

 (*) La confusion sexuelle est une technique de biocontrôle qui consiste à placer des diffuseurs pour saturer l’atmosphère du verger en phéromones femelles et empêcher ainsi les mâles de localiser les femelles afin de limiter les accouplements et les pontes.

Qu’est-ce que Aqua Domitia ?

Ce réseau hydraulique trans-départemental a été construit il y a 60 ans, par BRL (Compagnie d'aménagement du Bas-Rhône et du Languedoc), pour accompagner la mutation de l'agriculture et le développement urbain et touristique du Gard, de l'Hérault et de l'Aude. Il permet de mobiliser l’eau du Rhône au lieu de prélever dans des ressources locales en tension.

Le Rhône déverse chaque année 55 milliards de m3 à la mer. BRL dispose d’une autorisation de prélèvement dans le Rhône de 150 millions de m3 (75 m3/s) pour alimenter son réseau. En hiver le potentiel de transport d’eau par Aqua Domitia n’est utilisé qu’à 15%.

Le Rhône en hiver est une ressource abondante, et donc sécurisée en termes d’approvisionnement. En effet le prélèvement total envisagé dans le cadre des études serait de 0,5 m3/s en hiver, pour un débit disponible du Rhône supérieur à 1 250 m3/s à cette période. Les projections liées au changement climatique indiquent une augmentation du débit du Rhône sur la période de remplissage des retenues.

Pour en savoir +

BRL.fr

Etude sur les débits du Rhône

Des projets à l'étude

Quelles études ont été réalisées et sont actuellement en cours ?

Dès 2017, le Département de l’Hérault, conscient des enjeux liés à l’irrigation des cultures, a entamé une démarche d’accompagnement pour une l’agriculture moderne, durable et respectueuse de l'environnement.

Après l’adoption d’Hérault Irrigation par l’Assemblée Départementale le 17 décembre 2018, le Département a engagé :

  • Les études de faisabilité : 2022 - 2025
  • Les études de maitrise d’œuvre : en cours

Les études de faisabilité (2022-2025) : quels objectifs ? Quelles conclusions ?

Le Conseil départemental de l’Hérault a conduit, entre 2022 et 2025, une étude de faisabilité portant sur la création de retenues hivernales, alimentées en période hivernale à partir du Rhône. Cette étude a porté sur trois territoires et a permis d’identifier 7 sites (Florensac, Pouzolles, Coulobres, Magalas, Autignac et Caussiniojouls/Laurens), proposant 9 scénarios d’investissements associant environ 180 exploitants, 400 participants à des réunions publiques organisées localement au nombre de 6, pour un volume total potentiel de près de 3,2 millions de m³ et une capacité d’irrigation estimée à environ 2 600 hectares.

Les prestataires du Département (2022-2025)

Le Département s’est entouré des prestataires suivants pour cette phase de faisabilité :

  • La Chambre d’Agriculture de l’Hérault => définit les besoins en eau agricoles et non agricoles (voir site)
  • Le Cabinet CCE&C : coordonne l’étude et évalue les aspects techniques (voir site)
  • La Société du Canal de Provence (SCP) : évalue les aspects économiques (voir site)
  • Les Ecologistes de l’Euzière : évalue les aspects environnementaux (voir site)
  • L’agence Idées Communes : organise une démarche de concertation (voir site)

Conclusions de l’étude de faisabilité

À l’issue de l’étude de faisabilité et de la concertation menée avec les différents acteurs, plusieurs contraintes sociétales et environnementales ont été identifiées et prises en compte.

Découvrez ici Le compte-rendu des réunions

Sur cette base, le Comité stratégique présidé par le Mr le Préfet et le Président du Département a réuni autour des représentants des organismes suivants : les maires des communes concernées, les conseillers départementaux concernés, le Préfet, la DREAL, l’OFB, l’agence de l’eau, la DDTM, le SDIS 34, la Région Occitanie, les CLE concernés, les EPTB concernés, la Chambre d’agriculture de l’Hérault, BRL, les vignerons indépendant, la coopération d’Occitanie, LPO, FNE, l’union des ASA, la fédération chasse et pêche 34, UFC que choisir...

Ce comité s’est réuni le 08 avril 2025, et a retenu la proposition de poursuite de l’étude en faveur de quatre projets de retenues.

Leur mise en œuvre sera organisée en deux étapes :

  • Une première étape porte sur les sites de Florensac et de Pouzolles.
  • Les projets de Magalas et de Caussiniojouls/Laurens, dont l’alimentation en eau transitera par le site de Pouzolles, seront réalisés dans une seconde étape, à partir de 2028.

Les études de maitrise d’œuvre lancées en 2026 : quels objectifs ?

Cette seconde phase d’étude vise à évaluer l’opportunité et les conditions de mise en œuvre de ces retenues hivernales prioritaires sur les sites de Florensac et de Pouzolles, au regard des enjeux locaux et d’intérêt public.

Elle doit notamment permettre de :

  • Sécuriser l’agriculture face au changement climatique, en renforçant l’accès à l’eau ;
  • Accompagner la diversification des productions agricoles et l’évolution des modèles économiques ;
  • Répondre aux enjeux environnementaux, en intégrant des objectifs de sobriété et de préservation de la ressource ;
  • Éclairer le choix de politique publique, en appréciant l’intérêt et la soutenabilité d’un investissement public ;
  • Garantir un usage maîtrisé et optimisé de l’eau, en privilégiant les usages les plus pertinents au regard de la ressource disponible.

Cette étude doit ainsi fournir au Département les éléments nécessaires pour statuer sur la poursuite des projets et en préciser les conditions de réussite.

Qui réalise ces études de maitrise d’œuvre ?

Les prestataires du Département (2026-2028)

Pour cette phase de maitrise d’œuvre, le Département de l’Hérault, a sélectionné le groupement suivant :

BRL Ingénierie (mandataire) : coordonne :

    • L’étude et évalue les aspects techniques (Equipe MOE station de desserte et infrastructure en milieu naturel),
    • L’étude des aspects réglementaires,
    • La concertation et la communication sur le projet.

Atelier PFS (Co traitant) : évalue les aspects d’insertion paysagère

SCOP Nymphalis (Cotraitant) : évalue les aspects environnementaux

BRLe (sous-traitant) : équipe animation agricole

Où en est-on aujourd’hui ? Quelles sont les prochaines étapes ?

Avec les retenues prioritaires de Pouzolles et Florensac, on aborde une nouvelle phase d’étude technique plus précise, appelée « Avant-Projet ». Elle vise à affiner les caractéristiques des projets (volume, caractéristiques de la retenue, zone de desserte, ouvrages annexes, intégration paysagère…). Selon les résultats obtenus à l’issu de ces études, les projets pourront être concrétisés ou, au contraire, s’avéreront impossibles à poursuivre.

 En 2026, plusieurs axes de travail sont engagés :

  • Approfondissement des études économiques (Eté/Automne 2026), répondant aux exigences de la démarche Projet de Territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) ;
  • Etudes des besoins en eau brute qui ébuteront après les vendanges 2026 ;
  • Inventaires naturalistes faune – flore, lancés en mars 2026 pour une période d’une année (4 saisons) ;
  • Etudes techniques :
    >Investigations de terrains : géotechnique (étude des sols et matériaux) et topographique (configuration des terrains) qui démarreront après les vendanges
    >Conception des ouvrages au stade « Avant-Projet » sur la base des résultats des tâches précédentes
  • Cadrage réglementaire, avec les différents services de l’Etat.

Ces études nécessitent des temps spécifiques de présence sur le terrain de certains experts :

  • Investigations de terrain pour les études techniques et les inventaires naturalistes ;
  • Enquêtes sur les besoins en eau brute auprès des agriculteurs, des communes et des intercommunalités concernés.

Comment le grand public et les professionnels sont-ils associés ?

S’agissant de la réalisation des retenues, la position du Département est claire : les projets devront satisfaire à l’ensemble des exigences réglementaires et recueillir un avis majoritairement favorable des acteurs locaux concernés.

Pour cela, le Département propose de poursuivre l’opération dans une démarche de concertation publique, débutée lors de l’étude de faisabilité en mars 2022, et ce avec l’ensemble des données nécessaires et des acteurs agricoles, usagers et habitants des territoires.

Pour mémoire, lors de l’étude de faisabilité plusieurs rencontres avaient été organisées :

En Juin 2023 => 3 rencontres de concertation avec les élus, agriculteurs, pompiers, riverains … ont eu lieu permettant :

>l’élaboration de scénarios de retenues les plus adaptés à chaque territoire, la co-construction d’actions d’accompagnement à prévoir

 >la réalisation d’ un bilan et des préconisations pour l’éventuelle poursuite des projets.

En octobre et novembre 2023 => 2 rencontres avec un comité inter-territoires sont organisées, pour discuter du projet à l’échelle départementale. Ce comité s’est réuni sur invitation et comprend des acteurs du monde agricole (Chambre d’agriculture 34, SAFER, Coop de France, Vignerons Indépendants, …), du monde associatif et de la recherche (LPO, FNE, Chaire Eau et Agriculture de l’Université de Montpellier, …), et du monde institutionnel (Communes d’implantation, SDIS 34 / DFCI, DREAL, DDTM, OFB, …)

Durant l’Eté 2024 => 3 réunions publiques ont été organisées sur chacun des territoires. Ouvertes à tous, ces réunions ont permis de partager les avancées de l’étude et de travailler, avec les acteurs locaux : sur la nécessité d’engager des actions complémentaires nécessaires, sur l’accompagnement de la réflexion.

Automne 2024 => 1 comité inter territoire présentant les scénarios et les études économiques et échanger avec les acteurs sur les résultats et les suites à donner aux études.

Avril 2025 => réunion du comité de pilotage stratégique qui a majoritairement approuvé les conclusions de l’étude de faisabilité et conclu à la poursuite du projet sur les sites prioritaires : Florensac et Pouzolles).

Le fonctionnement des retenues

Retenues hivernales, de quoi parle-t-on ? D’où viendrait l’eau ?

Les projets de retenues hivernales étudiées dans le cadre de cette étude se distinguent d’autres types d’ouvrages existants ou en projet ailleurs en France, puisqu’il ne s’agit ni de prélèvement dans les nappes, ni de la création de barrages sur un cours d’eau.

Les retenues envisagées par le Département sont des réserves qui seraient alimentées par l’eau du Rhône en hiver exclusivement.

Aucun prélèvement ne se fera dans les nappes phréatiques.

Combien de retenues sont étudiées ? pourquoi ?

Initialement, lors de l’étude de faisabilité, 7 retenues potentielles ont été examinées, réparties sur 3 territoires.

Pourquoi ces 3 territoires ? Car ils sont situés à proximité d’Aqua Domitia et ne trouvent pas aujourd’hui d’autres ressources en eau.

Département de l'Hérault
Carte issue de l’étude de faisabilité sur les retenues hivernales

 

Grâce à l’identification des besoins en eau recueillis en 2022 lors de l’étude de faisabilité par des entretiens auprès d’agriculteurs exploitants et des différents acteurs du territoire non agricoles (institutionnels, économiques, environnementaux), les besoins en eau ont pu être estimés pour chaque territoire, en intégrant également une augmentation des besoins des cultures sous l’effet du changement climatique.

Au total, les besoins s’élevaient au stade de l’étude de faisabilité à 3,4Mm3/an :

  • 1,2 millions de m3 par an pour le territoire de Florensac, Pomerols et Pinet ;
  • 1,1 millions de m3 par an pour le territoire de Coulobres, Pouzolles, Abeilhan, Margon, Puissalicon, Alignan du Vent ;
  • 1,1 millions de m3 pour le territoire de Magalas, Autignac, Caussiniojouls, Laurens, Fouzilhon, Cabrerolles.

Ces besoins seront réévalués dans le cadre des études en cours.

Quels sites sont étudiés aujourd’hui ?

Le Comité Stratégique d’avril 2025 a conclu l’étude de faisabilité et a proposé de retenir 4 projets à moyen et long terme, et d’abandonner 3 projets.

Les 2 sites retenus dans l’immédiat sont les sites de Florensac et de Pouzolles. À terme, la réflexion pourra être poursuivie, pour 2 sites supplémentaires : Magalas et Caussiniojouls / Laurens.

L’étude de maitrise d’œuvre actuelle étudie les projets de retenues sur les sites de Florensac et de Pouzolles.

Est-on certain de pouvoir remplir les retenues malgré le changement climatique ?

Oui, car les retenues envisagées seraient alimentées par l’eau du Rhône, qui en hiver est une ressource abondante, et donc sécurisée en termes d’approvisionnement.

Le prélèvement total envisagé dans le cadre des études serait de 0,5 m3/s en hiver, pour un débit disponible du Rhône supérieur à 1 250 m3/s à cette période.

Un éventuel prélèvement supplémentaire ne rentrerait pas en concurrence avec d’autres usages, aux dires de l’Agence de l’Eau elle-même dans son étude de 2022 (Consulter l'étude).

Cette étude récente de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (2022) sur les impacts du changement climatique montre que le débit du Rhône sera maintenu en hiver, voire qu’il augmentera (en particulier car moins de neige et davantage de pluies).

Les prélèvements de novembre à avril sont très limités au regard de la ressource en eau. D’autre part, sur cette période, le réseau Aqua Domitia qui assurera le remplissage n’est utilisé qu’à 15% de sa capacité et peut lui aussi assurer le remplissage sans que cela pose de problème pour d’autres usages.

Ainsi, la ressource en eau du Rhône en hiver n’apparait pas, selon les dernières estimations officielles, sous contrainte : le remplissage de la retenue est assuré, dans les quotas qui seront octroyés aux usagers.

A noter : la ressource Orb avait été envisagée un temps, mais a été finalement écartée suivant les recommandations de la DREAL (2022), ainsi que l’a acté le comité stratégique de mai 2023. En effet, les sécheresses hivernales (étiages hivernaux) peuvent être marquées et cette situation pourrait s’aggraver avec le changement climatique. De plus, la ressource Orb est définie comme déficitaire par les Services de l’Etat.

(*) L’étiage est la période durant laquelle le débit d’un cours d’eau est exceptionnellement faible.

Est-on certain de pouvoir remplir les retenues face aux futurs besoins d’eau potable ?

Sur la portion Aqua Domitia sur laquelle les retenues sont supposées s’alimenter, le débit disponible en pointe est de 1,8 m³/s, dont 0,25 alloués à l’eau potable (convention passée à l’année avec le Syndicat du Bas Languedoc / Sète Frontignan).

  • En période Estivale (Avr. à Sept.) : La totalité des débits sont d’ores et déjà alloués (entre juin et août), sans aucune nouvelle possibilité que ce soit pour l’eau potable ou l’irrigation.
  • En période Hivernale (Octobre à mars), à ce jour, aucun autre usage n’est identifié (hormis l’allocation de 0,25 m³/s pour l’eau potable - SBL).

Autrement dit, le débit disponible reste de 1,55 m³/s sur la période hivernale ( le débit disponible est nul de juin à août ; il est intermédiaire entre ces deux valeurs d’avril-mai à septembre).

Sur ces bases, le besoin de 0,5 m³/s sur 100 jours en hiver estimé pour les retenues à l’étude (3,4Mm3 pour le maximum des besoins inventoriés) est parfaitement envisageable.

Quelle prise en compte de l’évaporation ?

Pour qu’une retenue minimise son évaporation, il faut diminuer sa surface en augmentant sa profondeur. Que ce soit pour des raisons d’éloignement des habitations, d’impact sur le parcellaire agricole ou d’évaporation, on cherchera à faire, pour un volume d’objectif donné, des retenues les plus profondes possibles.

A ce stade, en l’absence de données précises sur la configuration finale des ouvrages et notamment leur géométrie et leur surface au miroir, l’étude de faisabilité a considéré une évaporation moyenne de l’ordre de 20 à 25%. Ce chiffre sera précisé dans le cadre des études en cours.

Notons toutefois que les pertes par évaporation correspondent à la ressource hivernale abondante du Rhône.

Plusieurs dispositifs annexes pourraient compenser ce phénomène naturel :

  • La recharge régulière avec une REUT (réutilisation d’eaux usées traitées), impliquant une surveillance approfondie sur le développement de matières organiques, potentiellement sources d’odeurs. Celle-ci ne doit toutefois pas se faire au détriment des milieux naturels.
  • La recharge occasionnelle en été, dans le cas des périodes après les pluies d’été associées souvent à des disponibilités de transfert temporaires retrouvées sur Aqua-Domitia. Ces périodes sont rares, mais pas impossibles.
  • Pour minimiser le phénomène d’évaporation, une couverture de la retenue elle-même, sur tout ou partie du plan d’eau, via des solutions fondées sur la nature (végétation aquatique, trame verte aux abords) peut s'envisager.

La forme des retenues

A quoi ressembleraient ces retenues ?

L’étude en cours n’étant pas terminée, il n’est pas encore possible de répondre à cette question de façon complète. Des scénarios sont en cours d’élaboration, de plus la configuration des retenues sera adaptée en fonction des retours de la concertation en cours actuellement et des études techniques plus détaillées.

Néanmoins, nous savons qu’il y aurait 2 types de retenues. Chacune serait adaptée à la typologie de son site d’implantation :

  • des retenues créées sur une cuvette déjà existante ou sur un terrain plat : on creuse dans la partie centrale et endiguement de la périphérie,
  • des retenues créées en barrant un fond de vallée par une digue. Les terrains situés au-dessus de la digue créée accueillent la zone de rétention soit « le surplus » d’eau.

Ainsi, la superficie des sites de Florensac et de Pouzolles couvrirait environ 15 à 20 ha.

Les ouvrages feront l’objet de mesures d’intégration paysagère et sécuritaires adaptées à leur environnement et en particulier :

  • Digues en terre aux pentes faibles et enherbées,
  • Plantation de haies périphériques,
  • Implantation des digues de manière à limiter leur visibilité depuis les zones habitées,
  • Clôtures et signalisation.

Quelle intégration paysagère est prévue pour ces ouvrages ?

L’aspect paysager n’est pas encore arrêté mais des propositions seront faites dans le cadre de l’étude :

  • plantations d’arbres, non pas sur les digues mais en périphérie, pour masquer et faciliter l’intégration paysagère
  • zone écologique de petites dimensions pour favoriser l’abreuvement de la faune locale et le développement de milieux intéressants pour la biodiversité
  • trame verte à associer,
  • espaces publics/verts à aménager,
  • site pédagogique potentiel relatif aux zones humides,
  • jardins partagés/collectifs, …

Les abords de chaque infrastructure pourraient constituer des espaces de projets collectifs valorisant l’infrastructure et/ou le cadre de vie local.

Comment ont été choisis les sites ?

Les sites potentiels ont été choisis grâce au croisement de plusieurs critères lors du schéma départemental Hérault Irrigation 2030 :

Critères indispensables :

  • Superficie disponible de 8 à 20 ha
  • Topographie : « cuvette » naturelle ou terrain plat pour réduire les déblais /remblais
  • Occupation du sol : sans habitation, ni réseaux principaux (route, électrique ou gaz)
  • Hors cours d’eau ou zone inondable
  • Terrain très majoritairement agricole, de manière à avoir des impacts sur les enjeux environnementaux faibles ou modérés

Critères majeurs :

  • Distance aux habitations
  • Géologie favorable (terrains meubles profonds et imperméables)
  • Localisation par rapport à la ressource et/ou aux besoin

Au stade faisabilité, une analyse multi-critères des sites potentiels a permis de juger de la pertinence et de la faisabilité des sites potentiels sur les paramètres suivants :

  • Critères sociaux, environnementaux, paysagers, et d’usages,
  • Critères économiques,
  • Critères réglementaires.

Quelles mesures sont envisagées pour sécuriser ces plans d’eau ?

L’objectif de l’étude est de construire des scénarios les plus pertinents possibles par rapport aux préoccupations exprimées par les riverains. Voici les réponses aux préoccupations exprimées jusqu’à présent lors des premières réunions de concertation :

La proximité des habitations

Le Département souhaite écarter le plus possible ces sites à l’étude des habitations en place. Il travaillera en lien avec les municipalités et collectifs concernés pour l’intégrer aux futurs projets de planification urbaine (PLU, SCoT,…).

L’étude prend en compte la nature des sols et vérifie que le projet n’aura pas d’impact sur les habitations existantes.

Des sondages géotechniques ont été réalisés sur l’ensemble des sites, et se poursuivent en parallèle des études de maitrise d’œuvre sur les 2 territoires étudiés.

Les risques d’odeurs

L’eau arrive depuis un prélèvement du fleuve Rhône, filtré à plusieurs reprises avant de parvenir dans la retenue. Elle ne devrait pas contenir assez de matière organique pour engendrer des émanations gazeuses (notamment nitrées ou sulfurées) malodorantes. Une surveillance régulière et au long court pourrait notamment être préconisée en la matière.

Les risques liés aux moustiques

Un travail est mené avec l’Entente Interdépartementale de Démoustication (EID) pour définir les meilleures stratégies de gestion de l’eau pour éviter cette nuisance, et identifier les solutions biologiques pouvant être mises en place.

L’EID indique ainsi que :

  • Les grandes retenues profondes sont peu adaptées à l’installation des moustiques, et pas du tout pour le moustique tigre,
  • Les assecs estivaux du bassin écologique éviteront le développement de moustiques
  • L’introduction de poisson pourrait être un moyen de lutte complémentaire
  • La distance maximale de déplacement des moustiques est de 500 m, voire 1 km exceptionnellement

Les risques de débordement

Le risque de débordement en cas de crues est très limité. Ces ouvrages n’interceptent que très peu, voire pas du tout d’eau de ruissellement. De plus ils disposent d’une « revanche », c’est à dire d’une hauteur de sécurité, qui varie de 50 à 70 cm entre le seuil de l’ouvrage et le niveau d’eau. Enfin, un déversoir de sécurité permet d’évacuer les éventuels trop pleins d’eau sans risque pour la digue.

Les risques liés à la sécurité

Pour limiter les risques de noyade ou blessure, deux aspects sont pris en compte :

Le premier concerne les pentes limitées et non verticales.

Le second est préventif : une clôture de la retenue principale sera mise en œuvre.

Le coût et la gestion

Combien coûterait la création de ces retenues ?

Le coût estimé de création des retenues, incluant :

  • les études,
  • le foncier et
  • les travaux relatifs aux retenues elles-mêmes et aux infrastructures associées

 ont été présentés au Comité Stratégique d’avril 2025.

Il s’élève entre 13 et 17 M€ sur les 2 sites prioritaires.

Combien coûterait l’accès à l’eau ?

Le prix annoncé au cours des enquêtes de 2022 avoisine les 800 euros par hectare et par an. Ce coût comprenait la participation aux investissements collectifs, privés et le prix de la fourniture d’eau.

Il intégrait également les coûts liés à des investissements privés comme la pose de goutte à goutte sur les vignes, les frais liés au prix de l’eau, aux frais de pompage, à l’entretien des réseaux…

Les études de maitrise d’œuvre en cours permettront d’affiner ce coût de l’eau restant à la charge de l’irrigant.

Si le Conseil Départemental décidait de créer ces retenues, qui les gérerait ?

Concernant la construction des retenues, elle serait assurée par le Conseil départemental de l’Hérault en tant que maitre d’ouvrage et exploitant l’exploitation à long terme.

Concernant les réseaux et stations de pompage de distribution d’eau, le Conseil départemental n’a pas vocation à les aménager. La maîtrise d’ouvrage et l’exploitation seraient assurées par une ASA (Association Syndicale Autorisée) locales. Ces ASA regrouperaient les usagers d’une retenue, pour offrir l’avantage d’une structure publique transparente pour chaque citoyen, et au plus près des intérêts de ceux qui en bénéficient et assurer la meilleure gestion possible.

L'accès à l'eau

Qui aurait accès à la ressource en eau présente dans les retenues ?

Pourraient demander un accès à la ressource :

  • Les agriculteurs (voir question ci-dessous).
  • Les pompiers et autres acteurs de la défense contre les incendies : l’utilisation de l’eau issue des retenues hivernales permettrait aux pompiers de réduire les prélèvements sur le réseau d’eau potable, ceux-ci pouvant conduire à l’assèchement des ressources en eau sur cette commune lorsqu’un incendie majeur se déclare. Les installations de tels ouvrages favoriseraient la présence de points d’eau disponibles en cas d’incendie et de réduire les déplacements pour les réapprovisionnements en eau nécessaires à la lutte contre les incendies.
  • La faune locale pourrait également bénéficier de la ressource en eau présente dans les retenues : un aménagement annexe à la retenue pourra permettre l’abreuvement de la faune locale. La plus-value environnementale que pourrait constituer la retenue sera intégrée à la conception des ouvrages.

Une enquête sera lancée pour identifier chaque parcelle à desservir. Un engagement impliquerait une participation à l’investissement au long cours pour disposer d’une borne non loin de celle-ci. L’ensemble des participants aux projets se partageraient le volume disponible dans la retenue qui sera fixe au fil des années. Les parcelles qui ne prennent pas part à l’investissement initial du projet ne pourront faire part de leurs demandes ultérieures (> 5 ans) que s’il reste de l’eau à répartir.

La viticulture serait-elle la seule filière concernée ?

Non, car ces projets de retenues sont au service de toute l’agriculture du territoire concerné, et ouverts à tous les exploitants agricoles.

Il est vrai que, sur les 3 territoires étudiés au stade de faisabilité, la viticulture représente plus de 85% de l’activité agricole, et donc la majorité des besoins agricoles en eau exprimés.

En Hérault, la vigne emploie plus de de 10 000 personnes. Elle joue un rôle majeur dans la lutte contre les incendies (grâce à sa fonction de coupe-feux), ainsi que pour l’attractivité de nos paysages, et figure parmi les cultures les moins gourmandes en eau (voir schéma comparatif ci-dessous).

La viticulture héraultaise traverse aujourd’hui une crise profonde, liée notamment aux évolutions du climat, aux difficultés économiques et à la transformation des marchés et des modes de consommation. Sans accompagnement et sans solutions permettant de renforcer sa résilience et sa viabilité économique, une partie significative du vignoble pourraient être amenée à disparaitre dans les prochaines décennies.

Par ailleurs, afin d’encourager le développement de cultures nourricières, des réserves foncières seront constituées, en lien avec le Projet Alimentaire Territorial. Cependant, plus gourmandes en eau, ces cultures ne pourront pas « remplacer » la vigne à surfaces équivalentes compte tenu de la ressource en eau limitée et de la qualité des sols.

Comment serait contrôlée l’utilisation de l’eau ?

Selon les règles de financement public, chaque utilisateur disposerait :

  • D’une part, d’un « compteur connecté » ayant deux rôles principaux :

>Lui permettre de suivre les quantités d’eau qu’il apporte à ses parcelles en temps réel,

>Permettre le contrôle et la facturation de l’eau par l’organisme gestionnaire des réseaux (ASA), et veiller à ce que les quotas d’eau alloués soient respectés par tous.

  • D’autre part, un conseil à l’irrigation serait organisé à l’échelle du périmètre irrigué pour des conseils et un accompagnement :

>A l’équipements de plusieurs parcelles types par des capteurs permettant de mesurer l’humidité du sol à différentes profondeurs et l’état hydrique de la plante,

>Le suivi des pluies et des prévisions météorologiques,

>L’établissement de l’état hydrique du sol et des cultures,

>Du Conseil à l’irrigation (date de déclenchement d’utilisation de la ressource, quantités à apporter, etc.)

>Au suivi de l’efficacité des irrigations réalisées.

>A la conception et la diffusion d’un bulletin contenant l’ensemble de ces informations qui serait communiqué régulièrement à l’ensemble des irrigants pour leur permettre de raisonner leur utilisation optimale de l’eau en fonction des objectifs poursuivis.

  • Enfin, des sessions de formation à l’irrigation seraient organisées avant la première saison d’irrigation et pourraient être renouvelées par la suite.

L'impact environnemental

Quel serait l’impact environnemental de ces retenues ?

L’impact environnemental des retenues doit être évaluée. Un inventaire faune-flore sur 4 saisons est réalisé dans le cadre des études de maitrise d’œuvre. Il déterminera les enjeux et les impacts environnementaux observés sur chaque site.

Les principes appliqués pour répondre aux impacts qui seront constatés sont :

  • Eviter les impacts environnementaux qui peuvent l’être, par exemple en adaptant le terrain d’implantation de la retenue aux enjeux en présence,
  • Réduire l’impact sur les enjeux qui ne peuvent pas être évités, par exemple en adaptant le calendrier en travaux aux périodes favorables pour la faune ou en mettant en place des mesures d’effarouchement avant travaux,
  • Compenser l’impact résiduel, en acquérant des surfaces supérieures aux surfaces impactées afin d’y recréer des conditions favorables au développement des espèces impactées.

Quelle plus-value environnementale pourrait être attendue ?

Ces nouveaux « points d’eau » pourraient apporter selon le cas des plus-values environnementales, comme par exemple :

  • L’abreuvement pour la faune locale, terrestre comme aquatique;
  • Une biodiversité renouvelée en faveur notamment de pratiques agricoles intégrées ;
  • Une diversité culturale envisageable, encourageant la biodiversité ordinaire sur l’ensemble du territoire desservi ;
  • Une attractivité sociale des riverains : pour loisirs, animations pédagogiques en lien avec les programmes d’éducation, festivités, sensibilisations …

Quel serait l’impact de ces retenues sur les cours d’eau ?

Compte tenu de l’origine de la ressource sécurisée (le Rhône en hiver via Aqua-Domitia) utilisée pour le remplissage de la retenue, les régimes des cours d’eau environnants n’en seront jamais impactés.

Quid de la qualité de l’eau du Rhône ?

L’eau du Rhône présente une qualité qui en fait une ressource « potabilisable », selon les normes nationales en vigueur. En pratique, de nombreuses collectivités de la région sont alimentées par l’eau du Rhône (environ 9 millions de m³ potabilisés en 2022 selon BRL).

  • La qualité de l’eau prélevée dans le Rhône par BRL est suivie au moyen :
  • D’analyses dans le cadre du contrôle sanitaire réalisé par l’ARS,
  • D’analyses dans le cadre de l’autosurveillance complémentaire réalisée par BRL,
  • De stations d’alerte et un système de télégestion permettant le suivi en continu d’un certain nombre de paramètres.

En cas de pollution accidentelle sur le Rhône, un dispositif spécifique est mis en place par les organismes de gestion du fleuve. Le Préfet peut alors activer une cellule de crise à travers laquelle interviennent les administrations concernées. Si la situation l'exige, l'ordre de fermeture de la prise au Rhône peut alors être donné, dans le cadre d’un dispositif de gestion de crise.

Concernant l’usage agricole de l’eau du Rhône, il est rappelé que :

  • L’agriculture régionale mobilise largement cette ressource depuis la mise en service des réseaux, soit depuis plus de 60 ans, pour irriguer différents types de cultures (maraîchage, arboriculture, viticulture principalement).
  • Les cahiers des charges de production et la certification Agriculture Biologique autorisent l’usage de l’eau du Rhône ; questionné récemment (2023), l’organisme certificateur ECOCERT n’a pas relevé de cause liée à la qualité de l’eau du Rhône, parmi les anomalies constatées.
  • En dehors du Réseau Hydraulique Régional, l’eau du Rhône est très largement utilisée par l’agriculture, sur tout le bassin versant du fleuve. L’exemple est donné de la riziculture en Camargue, qui apporte des quantités d’eau de l’ordre de 25 000 m³/ha (5 fois plus que sur des pêchers).

Pour en savoir + BRL

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