Bassin de Thau : 20 millions d’€ pour accompagner la filière conchylicole

22 janv. 2026

Thématiques Agriculture Environnement Littoral Sud Hérault Tourisme

Sète Agglopôle Méditerranée, le Département de l’Hérault et la Région Occitanie réaffirment leur soutien total à la filière conchylicole du bassin de Thau, aujourd’hui confrontée à une situation d’une extrême gravité, après plusieurs crises successives.

Après l’épisode de malaïgue de l’été dernier, la filière subit une nouvelle fermeture de l’étang intervenue en décembre, à la suite d’épisodes pluvieux intenses et la détection du norovirus.

Cette situation a été prolongée d’un mois à compter du 20 janvier au regard des nouvelles pluies enregistrées le week-end dernier engendrant un impact économique majeur pour les professionnels, à une période cruciale pour leur chiffre d’affaires.

L’étang de Thau est sain

Au-delà des pertes économiques directes, les conchyliculteurs sont également confrontés à un préjudice d’image important, alimenté par une communication laissant entendre, à tort, que leurs produits seraient dangereux.

Les collectivités souhaitent être parfaitement claires : l’étang de Thau n’est pas pollué.

Les fermetures temporaires sont liées à la détection d’un virus, dans le cadre de contrôles sanitaires stricts, qui témoignent de l’exigence et du sérieux des dispositifs de sécurité alimentaire.

Les conchyliculteurs du bassin de Thau sont des professionnels engagés, passionnés et responsables, qui exercent un métier difficile, souvent dès l’aube, pour fournir des huîtres et des coquillages de grande qualité, reconnus et appréciés bien au-delà de notre territoire, et qui en font la fierté.

Répondre à l’urgence économique et sociale

Cette nouvelle crise appelle des mesures immédiates, pour répondre à la situation financière critique de nombreux exploitants.

Dans le cadre de leurs compétences, les collectivités annoncent et confirment des mesures d’aides pour soutenir la filière.
Une enveloppe totale de 1,5 million € d’aide directe est mise en place dès le mois de février par Sète Agglopôle Méditerranée (500 000€), le Département de l’Hérault (500 000 €) et la Région Occitanie (500 000 €).

Il s’agira d’une aide versée en fonction du nombre de tables conchylicoles de chaque entreprise.

Précisions :

• Une bonification sera apportée aux conchyliculteurs installés depuis moins de 5 ans ;

• Un plafond du nombre de tables aidées sera défini très rapidement ;

• Le CRCM est partenaire et facilitera le traitement des dossiers ;

• Les 3 collectivités adopteront ce dispositif en février et recevront les dossiers dès maintenant pour agir immédiatement.

Sète agglopole méditerranée confirme pour l’année 2026 :

• La mise en place d’une année blanche pour les déchets conchylicoles (1 million d’euros) ;

• L’accélération des travaux sur les réseaux d’assainissement (13 millions d’euros) avec un calendrier travaillé et précisé lors du comité de lagune ;

• La priorisation des investissements dans les infrastructures pluviales, afin d’agir en amont et de limiter les risques de saturation des réseaux d’assainissement lors d’épisodes météorologiques intenses (1 million d’euros) ;

• L’exonération des redevances eau potable et eaux usées (130 000 €).

Le Département de l’Hérault s’engage sur :

• L’exonération de la redevance pour les professionnels présents dans les ports départementaux de la lagune de Thau (120 000 euros) ;

• La poursuite du Conchylitour pour mettre en valeur la profession, leurs produits et le territoire ;

• La conduite d’une étude sur la faisabilité de mise à l’abri préventive dans des Mas inoccupés dans les ports du Département.

La Région Occitanie :

• Investit pour la mise à l’abri des coquillages. D’une part une enveloppe de 2,8 M€ (FEAMPA + Région) est prévue pour des projets de mise à l’abri individuelle (taux d’aide 50%) et en petit collectif (60%) ; d’autre part une réunion se tiendra le 4 février pour finaliser le dimensionnement du projet de mise à l’abri de coquillage et la prise d’eau en mer réalisée sur le port de pêche de Sète-Frontignan pour un montant financier estimé entre 5 et 10 M€ ;

• Exonère de taxes portuaires pour un an les conchyliculteurs installés sur le port de Sète-Frontignan ;

• S’engage à payer sous 30 jours les aides FEAMPA en attente (7 dossiers 700 000 €) ;

• Propose aux conchyliculteurs un moratoire de 1 à 2 ans pour les prêts octroyés par la Région lors de la dernière crise il y a deux ans ainsi qu’une nouvelle enveloppe de 275 000 € pour faire de nouveaux prêts dans les mêmes conditions.

Enfin, les trois collectivités se sont entendues pour organiser une campagne de communication commune, aux côtés du CRCM.

Au total, ce sont plus de 20 millions d’euros qui seront mobilisés dès cette année par les collectivités.

Les trois collectivités demandent ensemble à l’Etat le déplafonnement du De Minimis pour faire face à cette crise.

S’engager sur le moyen et le long terme

Au-delà de l’urgence, les collectivités entendent poursuivre leur action de fond afin d’accompagner la filière dans une restructuration durable, lui permettant de mieux anticiper les aléas climatiques, météorologiques et leurs impacts sanitaires et de s’adapter aux mutations en cours.

Dans ce cadre, elles saluent le travail constructif, constant et exigeant mené depuis de nombreuses années avec Patrice Lafont, Président du CRCM, et l’ensemble du bureau, dans le cadre du contrat de filière conchylicole. Ce cadre partenarial a permis de structurer des actions concrètes en faveur de la filière et constitue aujourd’hui un levier essentiel pour faire face aux crises à répétition.

Collectivités et représentants de la profession se retrouveront dès le 3 février afin de travailler sur la collecte et le traitement des déchets conchylicoles, avec un objectif clair de réduction des coûts pour les professionnels et d’amélioration de l’efficacité du dispositif. Puis le 4 février, pour approfondir la question de la mise à l’abri des productions, enjeu stratégique majeur pour renforcer la résilience de la filière face aux aléas climatiques et pour travailler sur la situation économique des entreprises.

Un comité de lagune comprenant les représentants de la pêche et de la conchyliculture, l’agglomération, le SMBT, le président de la clé du SAGE et les associations d’usagers sera mis en place pour aborder les questions structurantes de la gestion du bassin. Celui-ci se réunira au mois de février.

Ces échéances témoignent d’un engagement politique fort et opérationnel des collectivités qui entendent à la fois répondre à l’urgence économique et sociale que connait la profession, et faire évoluer le contrat de filière pour l’adapter aux réalités actuelles et construire, avec les professionnels, des solutions durables et partagées pour l’avenir de la conchyliculture du bassin de Thau.

 

 

 

 

 

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