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Gouvernance partagée et gestion intégrée de l’eau à l’échelle des bassins versants

Le territoire héraultais est doté de différentes structures de gestion de l'eau par bassins versants. Ceci est largement dû au travail de structuration des acteurs publics de l'eau mené par le Département depuis 25 ans.
Aujourd'hui tout le territoire départemental est couvert par des structures de gestion de l'eau par bassin versant.
De l'Ouest vers l'Est, le territoire héraultais est couvert par les structures suivantes (carte des bassins versants) :

La majorité de ces syndicats ont obtenu le label Etablissements Publics Territoriaux de Bassin. A ce titre, elles sont responsables de l'animation et de la coordination de toutes les actions relatives à la gestion de l'eau sur leur bassin versant et de leur cohérence avec les grands objectifs inscrits aux documents de planification qu'elles animent.

Ces structures, dont 4 sont interdépartementales, regroupent les collectivités locales et, pour 9 d'entre elles, le Département. Souvent créées d'abord pour une mission spécifique, comme la lutte contre les inondations, elles sont désormais chargées de plusieurs actions relevant de l'intérêt général : élaboration et mise à jour d'outils de gestion tels :

  • des contrats de rivière,
  • des contrats de nappe,
  • des contrats de lagunes,
  • des programmes d'aménagement et de prévention des inondations (PPRI)
  • des schémas d'aménagement et de gestion de l'eau (SAGE).

Elles participent au suivi qualitatif et quantitatif des ressources en eau, à la gestion des zones humides et au maintien de la biodiversité.

Engagées également dans la sensibilisation de la population aux questions de bonne gestion de l'eau, elles animent études et concertation entre acteurs publics et privés.

Ressources en eau

En climat méditerranéen, la ressource en eau est un bien commun qu’il importe tout particulièrement de préserver. Ce bien précieux, inégalement réparti sur le territoire héraultais, doit être préservé.

Dans l’Hérault, 95% de l’eau potable provient des eaux souterraines. Le changement climatique bouleverse les processus naturels des recharges des aquifères, ce qui modifie le potentiel d’utilisation de la ressource. Les projets doivent prendre en compte les variations de quantité disponible et de recharge dans le temps.

Tous les bassins versants du département connaissent un « déficit quantitatif », c’est-à-dire que les prélèvements dans les cours d’eau et les nappes d’accompagnement pour les usages AEP et irrigation sont supérieurs à ce que les ressources sont en capacité de fournir sans dégrader leur propre fonctionnement naturel.

La forte démographie (1500 habitants de plus chaque mois pour une population totale de 1,2 millions d’habitants), l’afflux de populations touristiques et leur concentration en période estivale accroissent la difficulté de satisfaire la demande en eau. La menace de pénurie s’est déjà illustrée par des ruptures d’alimentation ponctuelles et le réchauffement climatique pourrait encore aggraver la situation.

Dans le contexte d’un département en forte croissance démographique, la prise en compte de la ressource en eau dans les projets d’urbanisme est donc une priorité.

La démarche d’adaptation à la raréfaction des ressources en eau consiste en un ensemble de mesures de modification des infrastructures et des comportements, visant à limiter l’impact des changements climatiques.

Une nouvelle culture de la gestion quantitative de  l’eau consiste à prendre en compte les besoins en eau des milieux pour fixer les seuils tolérables de prélèvements dans les milieux naturels et sur cette base, redéfinir les autorisations de prélèvements par catégorie d’usagers. Cette nouvelle culture du bien commun se traduit par une campagne de révision des autorisations de prélèvements engagée, depuis 2020, sur les bassins jugés en déficit. Ces procédures de révision sont pilotés par les services de l’Etat. Mais ce sont bien au sein des Commissions locales de l’eau (Instance des gouvernance des bassins versants) que sont prises les décisions liées au nouveau partage de l’eau en concertation avec tous ses usagers du bassin.

Milieux aquatiques

La Directive Cadre sur l’Eau de 2000, engage au niveau européen chacun des états membres à parvenir au bon état écologique des masses d’eau superficielles et souterraines.

L’effort de préservation voire de reconquête des milieux aquatiques est engagé et l’état des masses d’eau superficielles s’améliore globalement dans le département. Les enjeux liés au maintien de la continuité hydraulique, biologique (circulation des poissons) et hydromorphologique (circulation des sédiments) sont de mieux en mieux pris en compte dans les politiques publiques. Les espaces de bon fonctionnement (ou de mobilité) autour du cours d’eau, la restauration des méandres ou bras morts, la création de passes à poissons, la gestion équilibrée des atterrissements… sont autant d’exemples d’actions qui concourent à l’amélioration de la biodiversité des milieux aquatiques.

Les niveaux de pollution ont plutôt régressé du fait de l’amélioration des traitements des eaux usées et de la maîtrise des rejets. Les milieux aquatiques subissent encore pour autant, des phénomènes d’eutrophisation sous l’effet combiné d’une baisse des niveaux cours d’eau et du réchauffement de ces eaux. La pollution par les pesticides reste à des niveaux stables qu’il convient d’infléchir car les effets de ces molécules sont indéniables sur la vie aquatique comme sur la santé humaine.

Aujourd’hui en France, un quart des poissons d’eau douce et des amphibiens sont menacés. A l’échelle du grand bassin Rhône Méditerranée Corse et plus particulièrement du territoire héraultais, 2 espèces de poissons sont en danger critique d’extinction : l’Anguille européenne et le chabot du Lez.

Littoral

Avec ses 90 km de côte, le Département de l’Hérault représente près de la moitié de la façade maritime de la Région Occitanie. Le littoral de l’Hérault est principalement caractérisé par une succession de lagunes, séparées de la mer par des cordons de sable, souvent fragiles, les lidos. Les lagunes présentent une grande diversité et richesse écologique qui leur confèrent le statut de réservoirs de biodiversité. Ces lagunes sont aujourd’hui classées en sites Natura 2000. Elles constituent des paysages remarquables sur le littoral héraultais et servent de support à de nombreuses activités tant traditionnelles, culturelles, récréatives qu’économiques.

Nées d’un lent processus qui s’est enclenché il y a plus de 20 000 ans, les lagunes sont le fruit du travail continu des vagues et des courants. Mais cette évolution n’est pas seulement due aux phénomènes naturels. L’homme a également joué un rôle essentiel dans le façonnage de ce paysage lagunaire. C’est vers le XVIIIème siècle, avec l’accroissement du trafic maritime, que la nécessité de creuser des voies de navigation s’impose. La création du canal du Rhône à Sète va ainsi cloisonner l’espace lagunaire entre Aigues-Mortes et Agde en une quinzaine d’étangs.

Les lidos, dont l’habitat principal (les dunes) est une des caractéristiques emblématiques de notre littoral, jouent un rôle fondamental d’un point de vue écologique, paysager et de protection contre la mer. Il importe plus que tout de les préserver.

De par son histoire et sa géographie, le littoral héraultais possède une identité méditerranéenne forte, un patrimoine naturel et historique hors du commun, source de nombreuses activités économiques. C’est aussi un territoire « sous-pression » dont la préservation et la mise en valeur sont conditionnées par les politiques d’aménagement qui y sont menées.

Les zones humides, composante forte de notre littoral, représentent près de 24 000 ha d’étangs et lagunes, bordés de milieux humides temporaires. L’emblématique lagune de Thau, plus grand plan d’eau d’Occitanie, s’étend sur 7.500 ha. Ces milieux sont une source de biodiversité inestimable. Les écosystèmes sous-marins, qui se développent dans une dominante de fonds sableux sont également d’une grande richesse et intérêt. Grâce aux « coupures vertes » imaginées par la mission Racine, de nombreux espaces dunaires ont pu être préservés de l’artificialisation. L’Hérault possède également des ressources en eau variées et de bonne qualité, qui ont garanti le développement du territoire.

Mais l’ensemble de ces ressources se fragilise, se raréfie, et s’épuise localement en raison de la pression urbaine et touristique qu’elles subissent. Les risques naturels présents dans cet espace méditerranéen sont nombreux : risques d’inondation, érosion du trait de côte, sécheresse, …. Connus de tout temps par la population héraultaise, l’effet de ces risques a été considérablement accru en raison de l’urbanisation et l’implantation massive d’enjeux socio-économiques en bord de mer, sur des plages de basses altitudes, dont on a oublié avec le temps le mouvement perpétuel.

Le littoral de l’Hérault s’expose de plus en plus aux effets du changement climatique qui vont accroître sa vulnérabilité. Au cours du siècle dernier, la température moyenne a augmenté d’1,3 degré, ce qui est bien supérieur à la moyenne mondiale.

Au vue des dernières estimations l’augmentation prévue à l’horizon 2100 est comprise entre 2 et 5 degrés, ce qui va provoquer des changements non négligeables qui impacteront les activités humaines :

  • augmentation des sécheresses et des inondations
  • en termes de santé et d’accueil de touristes, prolifération des moustiques
  • accentuation de la salinisation des eaux
  • élévation du niveau de la mer.

Entre 1900 et 2010, la hausse moyenne du niveau des mers a été de 19 cm. Mais le phénomène s’accélère, puisqu’elle est presque deux fois plus rapide depuis 20 ans, par rapport au siècle dernier. Cette élévation va accentuer fortement les risques d’érosion des plages et de submersion marine. Dans ce contexte, les enjeux à prendre en compte par Hérault Littoral sont nombreux. A long terme, une approche privilégiant l’atténuation des vulnérabilités est la stratégie durable la plus pertinente qui puisse être envisagée par le Département.

Chiffres clés - Environnement et risques

  • 26 communes soumises à la loi littoral (13 possèdent une façade maritime)
  • 24 000 ha d’étangs et lagunes bordées de zones humides
  • 90 km de côtes (moitié de la façade régionale)
  • 12 000 ha protégés par le conservatoire du littoral
  • 2 zones humides d’importance internationale pour la migration des oiseaux d’eaux
  • 215 ouvrages de protection contre les risques (en  moyenne 17 ouvrages par commune)
  • 13 km d’épis, 6 km de brise-lames, 2 km d’enrochements

Amélioration de la connaissance et démarches prospectives

Elle repose notamment sur l’acquisition de données grâce à des réseaux de suivi.

  • Le réseau du suivi de la qualité des eaux superficielles : Le Département mène en partenariat avec d’autres acteurs institutionnels des actions d’acquisition de connaissances sur la qualité des milieux aquatiques. Depuis 2001, des études de qualité sont réalisées sur les cours d’eau des différents bassins versants du Département. Ainsi, périodiquement, les cours d’eau du département font l’objet d’un suivi qualitatif précis. Les données recueillies à l’issue des études de qualité de l’ensemble des cours d’eau, et des plans d’eau douce sont intégrées dans la base de l’Observatoire Départemental Climatologie Eau Environnement Littoral. A partir de 2013, pour être en cohérence avec les suivis de la Directive Cadre sur l’Eau, un même secteur géographique est suivi deux années consécutives.
  • Le Département de l’Hérault contribue depuis 1960 à l’enrichissement de la connaissance climatologique sur son territoire. Le réseau climatologique départemental, incluant les stations de Météo-France, du Département et de leurs partenaires respectifs, comprend 73 stations : 23 stations de Météo-France, 44 stations du CD34 et de ses partenaires, 4 stations « feux de forêts », et 2 stations « autres réseaux ». Les données climatologiques collectées permettent d’affiner la connaissance du territoire départemental et de renseigner divers outils à portée opérationnelle : la banque climato, la gestion des risques incendie et inondation, le pilotage des exploitations agricoles, la gestion des eaux superficielles et souterraines, …Les données sont conservées dans la banque climatologique de l’Observatoire Départemental Climatologie Eau Environnement Littoral (ODCELL). Chaque année, le Département publie et diffuse les annales climatologiques de l’Hérault.
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