Retenues hivernales : les études en cours

Le projet de retenues hivernales en Hérault, qu’est-ce que c’est ?

A partir des investissements historiques liés à Aqua-Domitia, le projet de retenue hivernale étudie une nouvelle ressource en eau brute, sécurisée, pour l’agriculture et la défense contre les incendies.

La canalisation Aqua Domitia prolonge l’eau du Rhône depuis Mauguio jusqu’à l’Orb. En hiver, elle n’est utilisée qu’à 15% de sa capacité, ce qui permettrait le remplissage de réserves d'eau, à cette période.

Les études avancent

Après 18 mois d’études, basés sur travaux d’experts et des temps de concertation avec les professionnels et la population, le Département et l'ensemble des partenaires concernés (Etat, collectivités, profession agricole et représentants de la société civile) ont décidé, en avril 2025, de poursuivre des études approfondies sur les 2 territoires prioritaires sur les communes de Florensac/Pinet et de Pouzolles/Abeilhan.

Les caractéristiques de ces retenues seront définies à la suite :

  1. des études économiques et financières (en cours) ;
  2. des enquêtes locales de besoins en eau brute (après vendanges 2026) ;
  3. des inventaires environnementaux (en cours sur notre territoire) ;
  4. des études techniques (réservoirs et réseaux) ;
  5. des temps de concertation organisés par le Département (à partir des résultats d’études).

Ces deux projets de territoire ont pour objectif de donner le temps nécessaire à l’agriculture pour s’adapter et donc perdurer. Ces dispositifs amélioreraient également nos capacités de lutte contre les incendies. Le Département poursuivra les échanges, car la concertation en cours est l’affaire de tous.

Yvon PELLET, Vice-président délégué à l’économie agricole et à l’aménagement rural

Sur la base d’études approfondies, le Département partagera leurs résultats et concertera leurs conclusions avec l’ensemble des partenaires concernés, qui mèneront à une consultation publique et aux instructions règlementaires des différents services de l’Etat.

Quelles sont les différentes études conduites pour ce projet ?

Début 2026, le Département a lancé des études de maîtrise d’œuvre comportant :

Une étude économique et financière

Qu’est-ce qu’un modèle économique ?

Un modèle économique est un outil qui permet de vérifier si un projet est d’une part réalisable et d’autre part durable dans le temps. Il consiste à évaluer les coûts du projet, les bénéfices qu’il apporte et les ressources nécessaires à un fonctionnement équilibré.

Cette étude est menée à trois échelles différentes :

A l’échelle du territoire : L’intérêt général
Le projet est-il utile au territoire ?

Il s’agit d’évaluer les bénéfices du projet sur l’économie locale et au-delà : C’est l’analyse économique.

A l’échelle du gestionnaire : Association Syndicale autorisée (ASA)
Le projet peut-il fonctionner durablement ?

Construire un système d’adduction et faire fonctionner un réseau a un coût. Le prix de vente de l’eau doit permettre de couvrir l’ensemble de ces frais et dépenses : C’est la récupération des coûts.

A l’échelle de l’irrigant : Les intérêts privés 
Le projet est-il avantageux pour les usagers agriculteurs ?

Les bénéfices attendus de l’irrigation couvriront ils les coûts d’achat de la ressource ? C’est l’analyse financière

Pourquoi mettre à jour le modèle économique ?

Le modèle économique est construit à partir de nombreuses données de références qui évoluent au fil du temps. Il prend notamment en compte :

  • le nombre d'agriculteurs et de parcelles susceptibles de s'engager dans le projet,
  • le coût des travaux et des aides publiques associées,
  • les marges des différentes productions agricoles envisagées,
  • les charges d'exploitation et d'entretien du réseau.

La mise à jour régulière de ces données est indispensable pour évaluer la viabilité économique du projet dans des conditions aussi proches que possible de la réalité.

Pour tenir compte de ces évolutions, plusieurs dizaines de données interviennent dans le modèle. Celui-ci simule de nombreux scénarios possibles (bornes min/max) pour évaluer différentes situations que le projet pourrait rencontrer. Cette méthode, dite stochastique, permet de vérifier si le projet reste économiquement viable dans le temps (jusqu’à 40ans), sur les trois échelles étudiées : territoire, gestionnaire, irrigant, et ce malgré les incertitudes.

Sans être une prédiction absolue, le modèle apporte une aide à la décision des différentes parties prenantes : futurs irrigants, territoires, maitres d’ouvrages, autorités délivrant les autorisations.

Des bénéfices qui vont au-delà de l'agriculture

Le projet de retenues hivernales ne répond pas uniquement aux besoins en eau de l'agriculture. Il apporte également des bénéfices pour le territoire et l'environnement, comme :

Contribuer à la défense contre les incendies

Les retenues pourront constituer une réserve d'eau mobilisable par les services de secours dans le cadre de la défense contre les incendies. Leur conception permettra un accès garanti et un prélèvement réservé à l'eau, dans le cadre de leur plan d’interventions. Cet équipement apportera un moyen complémentaire qui se traduit dans le modèle économique avec un bénéfice annuel pour les biens sauvés de la destruction par le feu.

Favoriser la biodiversité

La présence de points d'eau crée des milieux favorables à de nombreuses espèces animales. Les oiseaux, les insectes, les amphibiens et certains reptiles pourront y trouver des zones propices pour s'abreuver, se reproduire ou s'abriter, contribuant ainsi au développement de la biodiversité locale.

Cette étude économique va être accompagnée par des enquêtes de besoins en eau brute. 
L’objectif de ces enquêtes : Evaluer la faisabilité économique du projet, à travers trois angles d’analyse : l’analyse économique, l’analyse financière et la récupération des coûts.

Des enquêtes de besoins locaux en eau brute

À l’issue de la période des vendanges 2026, une enquête de recensement des besoins en eau brute sera conduite sur les 2 territoires de projet.

Un courrier et une réunion d’information (le XX à la salle XX de Pouzolles et le XX à la salle XX à Florensac) seront proposés aux propriétaires et exploitants concernés.

Ceux-ci pourront initier une réflexion leur permettant répondre à l’enquête lors de permanences organisées à Pouzolles et à Florensac, aux dates suivantes :

  • Le XX XXXX à XXXX
  • Le XX XXXX à XXXX
  • Le XX XXXX à XXXX
  • Le XX XXXX à XXXX

Cette enquête post-vendanges constitue un pré-engagement nécessaire à la conception finale des ouvrages.

Les enquêtes de besoins en eau brute se dérouleront en 2 temps :

Une phase de pré-engagement (automne 2026)

Le questionnaire de pré-engagement sera structuré autour de plusieurs thématiques, pour recueillir les informations nécessaires à l’évaluation des besoins.

Il portera notamment sur :

  • L’identification des propriétaires et des exploitants,
  • Les usages agricoles envisagés pour chaque parcelle susceptible d’accueillir d’irrigation,
  • Les perspectives d’évolution des assolements et des exploitations à court, moyen et long terme,
  • L’information des propriétaires au sujet de la structure d’ Association Syndicale Autorisée (ASA)* et de leur volonté d’y participer.

Qu’est-ce qu’une Association Syndicale autorisée (ASA) ?
Une ASA est un établissement public administratif chargé de réaliser et gérer des travaux d’intérêt général (prévention des risques, entretien des réseaux, gestion des ressources, valorisation des propriétés).
Créée par arrêté préfectoral, elle est administrée par les propriétaires concernés et financée principalement par leurs redevances et des subventions. 
Dans le cadre de ce projet, l’ASA serait la structure en charge de la distribution de l’eau brute en provenance des retenues créées, via le pompage et la desserte des parcelles engagées par leur(s) propriétaire(s).

Une phase d’engagement ferme (printemps 2027)

au cours de laquelle les propriétaires souhaitant bénéficier du projet, confirmeront définitivement leur participation. 

Des études environnementales

Pourquoi réaliser un inventaire environnemental ?

Avant de lancer un aménagement, il est indispensable de bien connaître le site concerné. L'inventaire environnemental détaillé consiste à observer le terrain sur un cycle écologique complet (« 4 saisons ») afin d'identifier les espèces animales et végétales, les habitats et milieux naturels. Cette étape permet d'établir un état initial d’un site, avant le début des travaux et joue un rôle dans la prise de décision. 

Un état initial pour quoi faire ?

L’inventaire écologique complet permet la connaissance indispensable de l’environnement afin d’anticiper les différentes conséquences de l’aménagement sur place, pendant les travaux et sur le plus long terme. Concrètement, il sert :

- à identifier les espèces protégées à hiérarchiser les enjeux et leur espace vital,

- à repérer les zones écologiques sensibles, comme les zones humides, les corridors, …

- à évaluer les effets du projet pour fournir les bases indispensables à une étude d’impact,

- à définir les mesures d’évitement, de réduction ou de compensation (ERC) des impacts, auprès et avec les autorités environnementales compétentes.

Qu’est-ce qui est analysé ?

Un inventaire complet couvre plusieurs grands domaines naturels et physiques :

  • La faune : oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens, insectes et chiroptères (chauves-souris)
  • La flore et les habitats : plantes remarquables, arbres, végétations typiques et habitats naturels d'intérêt communautaire
  • Les milieux naturels : cours d'eau, sols et zones humides

Comment se déroule l'inventaire ?

  • Saisonnalité : Les observations sont réalisées à différentes périodes de l'année afin de prendre en compte les cycles de vie des espèces et les variations des milieux naturels.
  • Évaluation : le projet doit évaluer ses impacts sur l’environnement et être dimensionné de manière adéquate, en prenant en compte les enjeux environnementaux,
  • Séquence Eviter Réduire Compenser (ERC) : Les résultats permettent d'appliquer cette séquence, pour limiter l'impact final du projet sur l'environnement.

Des études techniques : les études de conception

D'autres études sont également réalisées pour garantir la faisabilité du projet.

Les études géotechniques analysent la nature du sous-sol afin de vérifier qu'il est adapté à la construction des ouvrages. Elles informent les concepteurs sur les conditions des travaux visant la réalisation des déblais et remblais.

Les sites des retenues ont fait l’objet de sondages, d’essais in situ, et d’essais de laboratoire réalisés entre Octobre 2023 et Juin 2024 et d’une étude géotechnique. Les résultats obtenus ont permis de statuer sur la conception des retenues dans l’étude de faisabilité.

Des études géotechniques complémentaires viendront confirmées la nature et l’aptitude des sols et des sous-sols, à recevoir les futurs ouvrages. Mais également de définir les modalités de réalisation des terrassements (déblais, remblais et fondations) et de prendre en compte les contraintes géotechniques dès la phase de conception.

 Les études topographiques mesurent précisément le relief, les pentes et les limites du terrain. Ces informations sont indispensables pour concevoir les retenues et les réseaux (pour le compte de la future ASA) dans les meilleures conditions.

Les études archéologiques analysent le potentiel archéologique des emprises prévues pour les retenues, les stations de pompage et les réseaux de distribution d’eau, dans le but d’identifier d’éventuels vestiges à préserver. Elles permettent d’anticiper les contraintes réglementaires et les diagnostics ou fouilles à réaliser avant les travaux.

Les études de sécurité des ouvrages évaluent la stabilité et le niveau de sécurité des ouvrages afin de garantir leur fiabilité au moment de l’exploitation. Elles définissent les dispositions techniques nécessaires pour prévenir les risques et assurer la protection des personnes et des biens.

Les études d’insertion paysagère analysent, suite à un diagnostic paysager, l’intégration des futurs ouvrages dans leur environnement afin de limiter leur impact visuel (Co visibilités, etc.) et préserver la qualité des paysages. Elles orientent les choix de conception, d’implantation et d’aménagement pour favoriser une insertion harmonieuse sur les sites. 

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